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248 coopératives – SCOP et SCIC * – ont vu le jour en 2012, créant ainsi plus de
1600 emplois. Ces nouvelles entreprises sont principalement issues de
créations ex nihilo (70%), mais aussi de transformations
d'associations (15%) et de transmissions et reprises d'entreprises
classiques (15%).
Ce qui porte à 2165 le nombre de SCOP, qui emploient 43830 salariés au plan national. 43% d'entre eux travaillent dans le bâtiment et l'industrie et 36% dans les services.
Enfin la pérennité des coopératives n'est plus à démontrer: 82,5% d'entre elles tiennent le coup sur trois ans contre 66% pour les autres entreprises. Plus globalement, 22,6% des SCOP ont plus de vingt ans pour 18,2% pour l'ensemble des entreprises françaises.
Voilà les principaux chiffres que
révèle le bilan 2012 que vient de publier la Confédération
générale des SCOP.
Démocratie et solidité
économique
Le premier
moteur de cette réussite exemplaire est sans nul doute lié à
l'engagement personnel de chaque salarié dans l'entreprise. En effet
chacun-e dispose d'une voix à l'assemblée générale des
sociétaires, quel que soit le montant de sa part de capital. Et
c'est bien l'AG, au sein de laquelle les salarié-e-s sont statutairement
majoritaires, qui décide des orientations de l'entreprise et en élit
les instances dirigeantes. Tout cela bien entendu dans le respect
absolu du droit du travail et des conventions collectives!
L'autre atout majeur est la répartition des bénéfices, qui sont reversés aux associés et aux salariés, d'une part, et maintenus sous forme de « réserves impartageables » au sein de l'entreprise, d'autre part. En période de crise, cette redistribution, sous forme individuelle et collective, délivre aux SCOP une capacité de résistance économique et financière inédite.
Projet de loi Hamon: le compte n'y est pas
Il est pourtant
évident que ces quelque 2000 SCOP pèsent encore peu dans la paysage
économique français. Il faut changer d'échelle. Une politique
volontariste de soutien aux coopératives par les pouvoirs publics
est nécessaire. Le projet de loi sur l'économie sociale et
solidaire porté par Benoît Hamon avance quelques propositions,
comme la facilitation de la reprise par des salariés de leur
entreprises. Mais on est loin du compte. Le budget d'un million d'euros pour le développement est d'emblée insuffisant; il nest même pas certain aujourd'hui que le gouvernement l'accordera au ministre de l'ESS.
La valeur symbolique de ses intentions est par ailleurs largement
oblitérée par une démarche qui, se voulant consensuelle, fait la
part la plus belle aux néo-libéraux de l'économie sociale et
solidaire. La question de la citoyenneté dans l'entreprise est
totalement minorée dans le projet gouvernemental.
Un gouvernement du Front de Gauche instaurerait un droit de préemption par les salariés pour reprendre en coopérative et s'engagerait de tout son poids dans un bras de fer avec les multinationales, aux côtés des salariés en lutte pour une appropriation sociale de leur entreprise.
* SCIC: Sociétés coopératives d'intérêt collectif, qui intégrent dans leur capital, outre les salariés, des collectivités publiques et des représentants des usagers.
Rédigé à 16:52 dans Economie sociale et solidaire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
« En coupant en deux la Révolution française,
entre les Droits de l’homme et la Terreur -marquant comme « bonne »
l’une ou l’autre phase, selon les versions-,
le récit standard de l’Histoire a fait
à la Révolution russe un cadeau empoisonné :
il lui a laissé la Terreur sans les Droits de l’homme ».
Jean-Pierre Faye, Dictionnaire politique portatif en cinq mots, Paris, Gallimard, 1982, p.149.
La Révolution française de 1789 fait encore couler beaucoup d'encre. Les débats qui ont traversé les assemblées successives, des Etats-Généraux jusqu'à la Convention, sont encore bien vivants et structurent encore largement la vie politique, non seulement dans notre pays, mais dans le monde entier. Si elle fut un moment crucial de l'histoire de l'Humanité, y faire encore référence n'implique pas de nier les autres repères de l'histoire contemporaine, qui, comme la Révolution de 1848, la Commune ou la Résistance contre le nazisme, constituent des repères fondamentaux dans la conscience collective de la Gauche.
Mais comme il est agaçant de constater, à longueur d'articles de presse et d'émissions de télévision, qui combinent argumentaires à prétention scientifique et fictions, à quel point l'offensive contre Robespierre et ses amis Jacobins prend la forme d'un tsunami idéologique. On y trouve un tel ramassis de contre-vérités et d'approximations que cela donne bigrement envie de prendre parti pour l'Incorruptible à 200%, tant la mauvaise foi est de mise dans le camp d'en face.
Le camp d'en face? Oui, les amis, c'est depuis la Restauration, mais surtout avec la construction de l'histoire de France officielle pendant le IIIe république, que s'est développé le mythe d'un Robespierre sanguinaire et despote.
Il aura fallu encore près d'un siècle pour qu'un révisionnisme anti-jacobin, voire anti-révolutionnaire, trouve sa cohérence idéologique, sous la plume de François Furet à la fin des années 1970. La cohérence est totale puisque cette réécriture de l'Histoire, s'appuyant sur la négation même du phénomène révolutionnaire, accompagna l'émergence du courant du néo-libéralisme économique, devenu aujourd'hui dominant dans les politiques menées aujourd'hui tant par les droites de tous polis que par les sociaux-libéraux de l'Internationale socialiste... tous ces gens qui ont mis trente ans à nous assommer de plans austéritaires et d'assignation à se résigner.
Pour en finir avec les ragots malfaisants sur Robespierre, Saint-Just et leurs amis, je vous conseille quelques ouvrages qui remettent salutairement les pendules à l'heure.
Edifiante est l'œuvre (1) de l'historien britannique Eric J. Hobsbawm, qui a recensé les travaux des spécialistes de la Révolution, ceux d'inspiration marxiste, comme Albert Soboul et Michel Vovelle et les libéraux, dont le chef de file a été François Furet. Il montre à l'aide d'exemples multiples en quoi la séquence de 1789 à 1794 structure encore le débat politique, non seulement en France, mais dans le monde entier...
Lire la suite "Et si les Jacobins n'avaient pas été les centralisateurs que l'on croit?" »
Rédigé à 23:42 dans Libertés, Démocratie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Quelle plus belle
démonstration pouvais-je vivre de l'inutilité de
Notre-Dame-des-Landes en faisant l'aller-retour Paris-Nantes dans la
journée de samedi pour ces belles rencontres du Front de Gauche de
la Loire atlantique? Départ à Monparnasse à 8h53 et retour au même
endroit à 22h14, avec le loisir de participer à un atelier le
matin, un autre l'après-midi, puis d'intervenir en séance plénière,
tout en ayant pris le temps d'un vrai bon repas et d'un apéro avant
de repartir. La messe est dite.
Nos amis nantais ont
réussi l'exploit de réunir près de trois cents personnes, pour la
plupart membres de l'une des organisations politiques du Front de
Gauche (PC, PG, Gauche unitaire, Gauche anticapitaliste ou
Alternatifs), mais beaucoup d'autres participant-e-s sont intervenus
dans les débats en précisant qu'ils n'étaient pas « encartés ».
Pourtant les relations ne
sont pas toujours faciles au sein du FDG 44, nos camarades
communistes étant souvent tiraillés entre la crainte de perdre des
élus aux prochaines élections et la volonté de construire une
véritable alternative de gauche à la politique ultra-libérale
menée par le gouvernement PS-EELV.
Le nucléaire en question. Il faut reconnaître que les débats étaient sereins et directs. J'en veux pour preuve l'atelier Ecologie-énergie, auquel j'ai participé, avec Claude Aufort, scientifique, membre du PC, qui a tenté de démontrer, non sans talent, que le mix énergétique le moins coûteux et le plus efficient intégrait la relance de l'industrie nucléaire, qui, comme l'on sait, n'a que peu d'influence sur le réchauffement climatique. Pour lui, "les déchets ne sont pas un problème et puis de toute façon, on ne peut vivre sans risque!" Il nous a aussi précisé qu'il était retraité du CEA et de l'agence de sûreté nucléaire; ce qui explique sans nul doute à la fois ses compétences, sa foi inébranlable dans les vertus de l'atome... et son aveuglement;-) Tout cela s'est fait avec une conscience partagée de l'urgence écologique, mais pas vraiment d'accord sur les mesures concrètes, comme la sortie du nucléaire ou la sobriété énergétique comme premier levier de baisse de la consommation. Cela dit, j'ai pu vérifier que nos amis des Alternatifs et de Gauche anticapitaliste partagent le même point de vue que nous autres du PG sur ces questions...
Rédigé à 22:43 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Face
à la réduction drastique des moyens dévolus aux associations
citoyennes et d'éducation populaire aggravée par les politiques
d’austérité, il est temps de se mobiliser !
Plus que jamais, la dynamique d'implication citoyenne portée par le mouvement associatif est vitale pour que revivent les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité.
Nous revendiquons que se mette en œuvre un nouveau contrat de confiance entre les collectivités publiques et le monde associatif, reconnaissant ainsi la mission d'intérêt général de ce dernier.
Cela passe par le retour aux subventions de fonctionnement, le maintien des conventions pluriannuelles d’objectifs et des financements publics en 2014 et les années suivantes. Et non par le développement des appels d'offres, qui soumettent les associations à la logique de la concurrence, non seulement entre associations mais également avec le secteur privé.
La poursuite de la politique actuelle signifie la mort programmée de dizaines de milliers de structures associatives !
Nous nous engageons en faveur d’une Assemblée constituante pour qu’une nouvelle constitution soit élaborée, celle de la 6e République qui inscrira dans ses principes le développement de la citoyenneté dans toutes les sphères de la société : associations, entreprises et mettra de plus en œuvre le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales.
C'est pourquoi nous appelons à participer massivement à la marche pour la 6e République, dimanche 5 mai, à Paris.
Premiers signataires:
Alima Arouali, cinéaste, responsable de l'association Alice Guy Production, membre du FDG
Jean-Jacques Barey, président d'un festival de théâtre de rue, Paris
Olivier Bellanger, président conseil local FCPE, Le Mans
Roger Briot, ingénieur CNRS, militant CGT, FASE
Zinn-Din Boukhenaïssi, délégué national d'un réseau d'insertion et d'éducation populaire
Fabienne Brugel, metteur en scène, Compagnie NAJE
Aymard de Camaret, militant associatif
Rédigé à 08:22 dans Actualité, Economie sociale et solidaire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 00:25 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Selon le réseau Ashoka, qui entend
faire de la pauvreté un « inclusive business » fort
lucratif... plus de huit millions et demi de Français sont en
situation de pauvreté, qui n'ont ainsi pas accès aux produits et
service essentiels (logement, alimentation...). La misère augmente
ainsi chaque jour dans notre pays, comme dans la majeure partie des pays
européens.
Et j'en vois certains à droite, et même à gauche, s'étonner de nous entendre parler fort, hurler et crier notre rage face à cette montée de l'injustice sociale. Il y a pourtant là bien des raisons de faire grand usage de formules fortes. Comment être choqué quand on traite de « salopard » tel ou tel membre de l'intelligentsia qui cautionne l'étouffement de la population chypriote? Il faudrait rester calme et bien élevé? Partagez donc, organisez la répartition des richesses et nous nous calmerons!
Car dans le même temps, d'autres s'enrichissent et se serrent les coudes, complices de la montée de l'injustice. Nos pays sont riches, il y a à manger pour toutes et tous, il y a de quoi loger tout le monde.
Ils sont trop verts... et bons pour les goujats
Quel mépris pour la chose politique d'observer des élus se réclamant de la gauche ou de l'écologie politique minaudant face à la proposition qui leur est faite de s'engager pour la marche du 5 mai. « C'est la marche à Mélenchon », « C'est un truc des Jacobins du PG! » Allons, les camarades, vous n'avez pas d'autres chose à faire que de faire la fine bouche... au lieu de proposer des solutions concrètes et globales face à la dégénérescence d'un régime dont Mendès-France, dès 1958, fustigeait les risques de dérive anti-démocratique. C'est bien le système qui est pourri, au-delà des turpitudes de tel ou tel dirigeant corrompu, qui va placer sa fortune en Suisse ou aux Iles Caïman.
Le seul moyen de nous sortir est le retour à la démocratie, par un débat public pour une nouvelle constitution, qui, nous l'espérons, redonnera la parole au peuple, placera l'égalité sociale et les impératifs écologiques au cœur de son projet.
C'est pour cela que nous serons dans la rue dimanche 5 mai, à Paris.
Rédigé à 01:05 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Gérard Cazorla est assigné au tribunal par Unilever pour avoir dit la vérité sur les pratiques du groupe. Il est ainsi traîné devant la Justice par Unilever pour diffamation et pour avoir "sali leur honneur". Un comble quand on sait que géant de l'agro-alimentaire se moque de la justice de notre pays et de la manière dont il traite les salariés en lutte depuis 915 jours en les menaçant et en exerçant sur eux un chantage odieux.
Les salariés de Fralib organisent mardi 2 avril à 13H00, un rassemblement devant le Tribunal Correctionnel de Nanterre pour le soutenir.
Je vous invite à engager vos amis, collègues, frères, sœurs, parents et camarades à participer à ce rassemblement et à diffuser largement cet appel, comme nous y incite mon ami et camarade José Angel Fernandez, l'Ibère en exil. Rendez-vous aussi sur le site Fralib vivra.
Pour en savoir
plus sur
la lutte des Fralib,
commandez
le livre
"Fralib,
de la résistance
à l'alternative"
en cliquant
sur ce lien.
Rédigé à 22:38 dans Actualité, Economie sociale et solidaire, Libertés, Démocratie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 20:15 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Encore un ouvrage sur l'économie sociale et solidaire. Un de plus, me direz-vous? Mais celui-ci a la particularité d'avoir été nourri de coopérations entre élus, celles et de ceux de la communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne, acteurs de terrain et universitaires.
La rencontre s'est produite à l'occasion du mois de l'ESS, en novembre dernier, et précisément lors des « 24h de l'ESS » qui ont eu lieu le 20 novembre 2012, à Viry-Châtillon. On a causé SCOP bien-sûr, mais aussi CAE, SCIC, monnaies solidaires, Fab-labs, insertion par l'activité économique, circuits courts...
Vous n'y comprenez rien? Commandez le livre (en cliquant sur ce lien) ou achetez-le en librairie ;-)
La Quatre de couv'
"L’illusion productiviste du XIXe siècle montre ses limites. Le capitalisme, loin du bonheur qu’il devait amener pour tous par l’accumulation matérielle, broie les êtres humains, exploite les ressources naturelles, pille la biodiversité. Pourtant, l’homme est un être social qui a, par essence, besoin de construire son existence sur la solidarité.
Il est donc temps de remplacer le modèle de la compétition, de la croissance à tout crin et de la destruction par un modèle de l’émulation, du partage et de la coopération. Celui de l’économie sociale et solidaire.
Des initiatives existent, émergent, se développent. Les 24h de l’Economie Sociale et solidaire organisées par la communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne, ont eu pour ambition de les valoriser et les élus de les porter dans le cadre du service public local pour faire la preuve par l’exemple qu’une autre façon de produire et de consommer est possible.
En lisant ces interventions de qualité, vous en conclurez comme les participants, que l’économie sociale et solidaire ne doit pas rester cantonnée dans le cadre d’un volet d’un programme de gouvernement mais qu’elle doit devenir l’horizon économique de demain."
Ont contribué à cet ouvrage: Élisabeth Bost, Richard Debauve, Philippe Derudder, Jean-Luc Ebel, Esther Eusatche Rool, Françoise Fagois, Jacques Généreux, François Longérinas, Gilles Rémignard, Arthur Schmitt.
Avec une introduction de mon ami et camarade Gabriel Amard, président de la Communauté d'agglo. des Lacs de l'Essonne, et, comme indiqué ci-dessus, aussi une contribution de mon autre ami et camarade Gilles Rémignard, vice-président de l'agglo en charge de l'ESS.
Sortie le 22 mars 2013
Rédigé à 15:53 dans Economie sociale et solidaire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
"C’était la première audition tenue dans le cadre du séminaire « Appropriation sociale, autogestion et coopératives »
qui portait sur les projets de lois relatifs aux reprises d’entreprises
par les salariés sous forme coopérative.
Nos deux invité-es étaient
François Longérinas (PG, co-animateur au Front de Gauche de l’Economie
sociale et solidaire) et Sylvie Mayer (co-animatrice au Front de Gauche
de l’Economie sociale et solidaire et députée européenne de 1979 à
1994)..."
Cliquez ici pour lire la suite sur le site de l'Association pour l'autogestion. Vous y trouverez une très bonne synthèse des interventions.
Rédigé à 18:40 dans Economie sociale et solidaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
3e congrès du Parti de Gauche • 22-23-24 mars 2013 • Bordeaux
Marx
nous a enseigné que l’aliénation économique est la source de
toutes les aliénations (religieuse, politique, sociale) ; que
lesystème économique (le mode de production et les rapports
sociaux qui en découlent) est la base réelle sur laquelle s’élèvent
la superstructure juridique et politique, la vie sociale et
intellectuelle. Attendre de la prise du pouvoir politique une
solution à l’exploitation du travail nous semble dès lors
similaire au
fait de renvoyer la résolution des conflits entre les sexes après
la révolution.
Les socialistes utopiques et les libertaires ont mis l'accent sur la nécessaire radicalisation de la démocratie à tous les niveaux.
Les écologistes radicaux, à travers la plume d'André Gorz, ont insisté, un siècle plus tard, sur l'articulation entre sortie du capitalisme et sortie du productivisme, dans un contexte de finitude des ressources de la planète.
La Révolution citoyenne que nous appelons de nos vœux passe nécessairement par la démocratisation de l’économie et la planification écologique, outil essentiel de la prise en compte de la finalité de la production, pour en finir avec la politique de l'offre et revendiquer celle de la demande et de la satisfaction des besoins, dans une démarche d'intérêt général.
« Occuper, Résister, Produire »
De fait, partout où le capitalisme financier sacrifie les travailleur-se-s sur l’autel de la maximisation du taux de profit, des expériences concrètes de prise du pouvoir dans l’entreprise ont émergé. Ainsi, au début des années 2000, dans une Argentine ravagée par les politiques néolibérales (dérégulation, austérité et privatisation), des travailleur-se-s décident d’investir les usines et de faire repartir la production avec une devise : « Occuper, Résister, Produire ». Et lorsque les ouvrières de l’usine textile Brukman sont expulsées, ce sont les Mères de la place de Mai, des assemblées d’habitants, des étudiants, des piqueteros, qui accourent pour les aider à récupérer les lieux. C'est avec le même mot d'ordre que les travailleurs de l'usine Vio.Me., à Thessalonique, en Grèce, ont repris la production en autogestion au début du mois de février dernier...
Rédigé à 15:05 dans Economie sociale et solidaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La lutte des Fralib-Thé Éléphant est emblématique.
Elle nous montre des salariés qui refusent de baisser les yeux face
à Unilever, géant capitaliste de l'agro-alimentaire.
Non contents
de défier la multinationale, ils ont construit un projet alternatif,
celui de créer une société coopérative ouvrière de production,
la « SCOP T.I », qui fera appel à des producteurs locaux
pour les ingrédients nécessaires à la fabrication des infusions.
Ce livre raconte cette histoire
exemplaire.
Il est le fruit des travaux du premier
« Séminaire ouvrier », qui s'est déroulé le 8 décembre
2012 sur le site de Fralib même, à Gémenos, près d'Aubagne.
Ensemble, universitaires, journalistes, ouvriers et militant-e-s
politiques et syndicaux, ont réfléchi et débattu de l’économie
sociale et solidaire.
Au-delà, il s'agit d'un ouvrage qui
permettra à chacun de multiplier cette expérience, en d'autres
lieux et sur d'autres thèmes. Utilisez-le à ces fins.
Le livre sera disponible en avant-première vendredi 22 mars, à l'occasion du troisième congrès du Parti de Gauche, à Bordeaux.
Ils ont coordonné l'ouvrage:
Hélène Le Cacheux est membre
du bureau national du Parti de Gauche et co-animatrice du Front de
Gauche des Bouches-du-Rhône.
François Longérinas est secrétaire national du Parti de Gauche et co-animateur du Front de Gauche de l'économie sociale et solidaire.
Avec les contributions de:
Benoît Borrits, journaliste, président de l'Association pour l'autogestion;
Gérard Cazorla,syndicaliste CGT, secrétaire du CE Unilever-Fralib;
Alexandre Fassi, directeur d'Inter Made, couveuse d'entreprises sociales et solidaires;
José-Angel
Fernandez, co-fondateur des séminaires ouvriers,
Amine Ghenim, avocat;
Elodie Groutsche, salariée de Fralib, syndicaliste CGT;
HK, chanteur du groupe Los Fralibos et de Saltimbank;
Rim Hidri, salariée de Fralib, syndicaliste CGT;
Olivier
Leberquier, délégué CGT de Fralib;
Philippe Levaillant, spécialiste du mouvement coopératif, membre de la commission ESS du Parti de Gauche;
Evelyne Perrin, économiste, membre du conseil scientifique d'Attac;
Jean-Paul Pla, élu PCF de Toulouse, délégué à l'économie sociale et solidaire.
Il est possible de commander le livre en cliquant sur le lien Bruno Leprince éditeur,
104 pages, 5€
En prime, ci-dessous, les vœux 2013 des Fralib... avec los Fralibos ;-)
Ce jeudi a lieu l'inhumation à Paris de Stéphane Hessel, au terme de près d'un siècle de combats et de résistances à toutes les injustices.
Résistant contre les nazis de la première heure, diplomate, il était un homme de gauche, sans concession quant à la défense des valeurs universelles de la République.
« Indignez-vous », le court essai qu'il publia en 2010 a connu un succès mondial, fort de quatre millions d'exemplaires vendus.
Il inspira sans nul doute les millions d'indignés, qui manifestèrent en Europe du Sud et aux Etats-Unis contre la barbarie néo-libérale, pour l'émergence d'un monde de justice et d'égalité.
Stéphane Hessel fut aussi aux côtés du peuple palestinien pour la reconnaissance de leurs droits. Il s'engagea auprès de RESF pour la régularisation des sans-papiers.
Le Parti de Gauche salue aujourd'hui l'infatigable militant des droits de l'Homme et relève le défi qu'il nous laisse en héritage, celui de combattre toutes les injustices et les inégalités. Il sera représenté à ses obsèques.
C'est promis, Stéphane, on lâche rien!
Contact: François Longérinas, secrétaire national du Parti de Gauche
Rédigé à 23:56 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
C'est
pas tous les jours que l'ESS fait la Une de l'Huma!
Et quand c'est mon acolyte du Front de Gauche de l'économie sociale
et solidaire, Sylvie Mayer, et moi-même qui ouvrons le bal... qui
se poursuivra de manière régulière dans le journal, ça démarre
plutôt pas mal à mon, goût!
Voilà donc la tribune publiée ce week-end. Je vous la livre, alors qu''elle n'est pas encore en ligne sur le site du journal:
L'économie sociale et solidaire pour articuler démocratie sociale et intérêt général
“L'appropriation
sociale des moyens de production demeure pour nous un outil essentiel
de la mise en œuvre de notre projet écosocialiste. Cela concerne
autant les modes d'appropriation publique, comme les nationalisations
et les municipalisations que les reprises en coopérative, SCOP ou
SCIC (sociétés coopératives d'intérêt collectif). Notre fil
conducteur est le respect de l'intérêt général, tant du point de
vue de son fonctionnement interne, que de la finalité de son
activité.
C'est en ce sens que nous soutenons aussi bien le
projet de nationalisation des sites sidérurgiques d'Arcelor-Mittal
que les mouvements de reprise en coopérative des Fralibs, d'Hélio
Corbeil ou de SeaFrance.
La
forme des coopératives de production, des SCOP, s'appuie sur trois
principes fondamentaux, qui sont inscrits dans leurs statuts. Tout
d'abord, le fonctionnement y est démocratique, « une personne
égale une voix », quel que soit le montant de sa participation
au capital de l'entreprise. Ensuite les « parts sociales »,
qui composent le capital en question, y sont détenues
majoritairement pas les salariés. Enfin la majeure partie des
bénéfices n'est pas distribué en dividendes aux associés, mais
maintenu au sein de l'entreprise pour y renforcer ses fonds propres.
Avec environ deux mille entreprises et quarante mille salariés, la puissance de feu des SCOP dans le paysage de l'économie française reste modeste. D'où l'enjeu de dynamiser, par la législation, les procédures de reprise et de transmission en coopérative. Avec une loi instituant le droit de préemption, c'est plusieurs dizaines de milliers de sociétés qui basculeraient en SCOP en quelques années.
Mais
le statut des SCOP, comme ceux des associations et des mutuelles, ne
règle pas tous les problèmes, loin s'en faut. Nombre de structures
de cette économie sociale « historique » ont connu, au
fil des décennies une dégradation de leur vie démocratique et
sociale. Qui d'entre nous participe chaque année à l'assemblée
générale de sa mutuelle ou de sa banque coopérative? Qui n'a pas
entendu des salariés d'entreprises associatives se plaindre de leurs
conditions de travail?
D'un
autre côté, ce qu'il est convenu d'appeler l'économie solidaire
regroupe informellement les activités citoyennes de territoire qui
ont émergé dans les années soixante-dix.
La
plupart de ses animateurs se préoccupent trop peu à notre goût de
la vie démocratique de leurs structures. Le pompon revient à
certains des réseaux de « l'Insertion par l'activité
économique », qui multiplient les contrats précaires pour
leurs salariés « permanents », négligent l'implication
des personnes en insertion dans la vie associative et appliquent les
méthodes de management et les techniques marketing des entreprises
capitalistes les plus classiques... le tout au nom même de la
solidarité. Il n'y a pas à s'étonner que des banques comme la BNP
Paribas financent les « Trophées de l'entreprise sociale »,
se payant à peu de frais une nouvelle image sociale et écologique,
alors qu'elle maltraite ses propres salariés et organise l'évasion
fiscale...
Il y a là aussi du ménage à faire: l'argent, même déguisé en subvention d'une fondation n'est pas toujours bon à prendre...
Tirons
le meilleur de de l'ESS, à savoir les principes démocratiques de
l'économie sociale historique et la démarche d'intérêt général,
à laquelle l'économie solidaire a donné un nouveau souffle. De ce
point de vue, les SCIC réprésentent sans nul doute le meilleur
exemple de combinaison entre démocratie et finalité de la
production...
Lire la suite "Le Front de Gauche de l'économie sociale et solidaire à la Une de L'Huma!" »
Rédigé à 16:38 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Hier soir, les régies de quartier étaient à l'honneur sur l'antenne de Radio Fréquence Paris Plurielle (106,3), en particulier celle du Xe, "la Maison du Canal" et la nôtre, installée dans le centre de la capitale. Francis Pary y représentait la première, dont il est directeur. Bénédicte Picquart et moi-même parlions au nom de la "maison du Vertbois";-)
Il me semble que voilà assez bien résumé, en une petite vingtaine de minutes, ce que sont les régies de quartier et ce que nous y faisons à Paris, aujourd'hui... et demain.
Cliquez ici pour entendre l'émission
Nous suivirent deux invités qui forment un duo, qui s'appelle "Duel". Deux garçons sympathiques qui interprètent leurs propres chansons. C'est de la qualité, vraiment, allez les écouter. En avant-goût, voici "Caramel":
Pour finir, l'équipe de l'émission, "Zoomécologie", a reçu Gaël David et Florence Delifer, qui présentaient un superbe travail photographique autour des "frigos chez les gens. Ils ont trouvé les bons mots pour nous faire imaginer les images. Allez découvrir leur site. Ca vaut le coup, c'est ici.
Un grand merci à Alexandre Ribeaud, Sophie Roux et Laurence Hugues, le trio aux voix suaves et chantantes qui animent chaque 3e jeudi du mois "Zoomécologie" sur Fréquence Paris Plurielle, 106.3.
Rédigé à 07:33 dans Economie sociale et solidaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
« On occupe, on résiste, on produit! » Voilà le mot d'ordre des soixante ouvriers de l'usine Vio.Me. (Viomichaniki Metaleftiki), à Thessalonique, ont repris mardi dernier la production de matériaux de construction, d'aménagement et d'isolation.
Jusqu'en 2006, Vio.Me. était une entreprise très rentable. En mai 2011, l’entreprise-mère dépose le bilan, ce qui n’est pas le cas de sa filiale. Pourtant, la direction de Vio.Me. décide la cessation de paiement des salaires et le lock-out de l’usine, sous le prétexte d’un manque des fonds.
En juillet 2012, unis autour de leur syndicat, les salariés décident de s'approprier l'outil de production et de le remettre en route sous le mot d’ordre «Vous ne le pouvez pas ? Nous, nous le pouvons ! ». Dans le même temps, les travailleurs de Vio.Me. effectuent des recherches sur de nouveaux produits de nettoyage, sur la base d'ingrédients non toxiques écologiques.
Alors que le gouvernement social-libéral les a lâchés, c'est grâce à la solidarité de travailleurs-ses, d'habitant-e-s et de militant-e-s mobilisé-e-s dans tout le pays que les salariés ont pu reprendre l'activité, trouvant les fonds leur permettant de tenir pour les quelques mois à venir.
C'est la première entreprise industrielle de la Grèce en lutte contre l'austérité qui est ainsi reprise sous contrôle ouvrier et qui intègre en même temps les préoccupations écologiques. Ce ne sera pas la dernière.
Comme il soutient les Fralib à Gémenos, et les Pilpa à Carcassonne, le Parti de Gauche appelle à la solidarité avec les travailleurs de Vio.Me dans leur combat pour prendre leurs affaires en main.
Ceux et celles souhaitant soutenir les Vio. Me. peuvent se rendre sur le site http://www.viome.org/ , où il est possible d’effectuer un versement.
Rédigé à 18:33 dans Economie sociale et solidaire, Logement, Habitat, Social, Solidarités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le comité Paris
centre du Parti de Gauche a organisé samedi son premier séminaire militant. En
attendant la vidéo et les premiers compte-rendus argumentés, en voici un
premier retour pratique illustré. Après les 21 conditions , voici les 10 conseils préparatoires si vous voulez réaliser votre propre séminaire militant.
1- Disposer d'un collectif militant
(un comité local du PG, par exemple) bien vivant, actif, dynamique,
menant a minima deux initiatives par semaine: diffusion de tracts,
réunion publique, café politique, collage... car le séminaire ne
peut relancer une activité endormie, il ne peut que la compléter.
2- Avoir sous la main une-e ou deux militant-e-s exigeant depuis des mois un débat « de fond » au sein du comité, comme dans les assemblées citoyennes du Front de Gauche.
3- Que ces personnes s'engagent à
proposer des thèmes de discussion « de fond » et à la
préparer par la lecture et la diffusion de documents (textes,
vidéos...). Nous avons eu droit dans nos échanges préparatoires,
puis en live, à des références à Marx, Généreux, Sève, Gorz,
Stirner, Bakounine, Jaurès, Lénine, Trotski... pour n'en citer que
quelques-uns et dans le désordre
4- Une quinzaine de membres de votre
groupe doivent se déclarer intéressé-e-s par l'idée de se
retrouver isolés, par exemple dans une ferme à la campagne,
pendant une journée entière. Comme ça, vois aurez la garantie d'en
avoir au moins dix présents le jour J. Si vous êtes plus de dix,
une répartition en plus petits groupes sera nécessaire pour
certains travaux.
5- Vous devez donc trouver un lieu
tranquille, qui peut être rustique, mais doit être assez
confortable pour assurer de bonnes conditions pour les échanges.
Notre co-secrétaire
nous avait trouvé une ferme-auberge au fin fond de la
Seine-et-Marne pour 36 euros par personne pour le petit-déj,
les pauses café/jus de fruit, un super déjeuner et une salle pour
15 personnes super bien chauffée (il neigeait dehors), prises
électriques et tableau paper-board...
Le comité a avancé l'argent
et chacun a payé selon ses moyens, avec un barème de 18 à 36 €.
6- Se mettre d'accord sur un thème
transversal et qui fasse consensus (le thème, pas les débats qu'il
suscite!). Pour nous, ce fut « l'Humain d'abord: de quel
Humain parlons-nous? »
7- Une séquence de réflexion collective
ne doit pas dépasser trois heures, pauses comprises. Au-delà,
l'attention s'effrite et les esprits s'échauffent sans trop d'enjeu.
Or il ne faut se permettre le décrochage d'aucun-e participant-e.
8- Se donner une « obligation de résultat », c'est à dire trouver les termes de ce qui fait l'unanimité dans le groupe et les rédiger dans un processus collectif. Ecrire aussi ce qui fait dissensus.
Cela permet de marquer l'intérêt d'avoir avancé collectivement et de constater dans le même temps qu'il est possible de ne pas être d'accord sur tout et de continuer à réfléchir et à agir ensemble...
Lire la suite "Dix conseils pour réussir son séminaire militant local (écosocialiste;-) " »
Rédigé à 16:44 dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 00:19 dans Economie sociale et solidaire | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 18:01 dans Dans les environs, Environnement, Transports | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Domi, ma copine de trente ans, elle m'a dit que ça l'emmerde de manifester "pour le mariage, fut-il pour tous!" Mais elle n'a pas compris, ma camarade féministe, qui est restée bien radicale... que si je suis bien d'accord avec elle pour dénoncer le mariage comme une institution bourgeoise et réactionnaire, la moindre des choses c'est que tout le monde ait les mêmes droits: mariage, pas mariage, droit de vote...
D'ailleurs le Front de Gauche se moblise pour l'égalité, pas simplement pour le mariage, qui n'est qu'une étape.
Rédigé à 21:29 dans Actualité, Libertés, Démocratie, Logement, Habitat, Social, Solidarités, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Rédigé à 19:26 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Séminaire ouvrier Economie Sociale et Solidaire... par Thierry-Le-Roy-84
Benoît Borrits, journaliste à "Regards", président de l'Association pour l'autogestion et membre des Alternatifs..
Rédigé à 23:27 dans Economie sociale et solidaire, Logement, Habitat, Social, Solidarités | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Gérard Cazorla, secrétaire du comité d'entreprise, et Olivier Leberquier, délégué CGT des Fralib.
Rédigé à 23:19 dans Economie sociale et solidaire, Logement, Habitat, Social, Solidarités | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Séminaire ouvrier Economie Sociale et Solidaire... par Thierry-Le-Roy-84
Avec les Fralib, à Gémenos, lors du premier séminaire ouvrier de l'économie sociale et solidaire.
Rédigé à 23:13 dans Economie sociale et solidaire, Logement, Habitat, Social, Solidarités | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
De
retour de Gémenos, à côté d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), je
profite du voyage de retour pour relater le « séminaire ouvrier de
l'économie sociale et solidaire » que nous avons organisé
samedi dernier en soutien à la lutte des Fralib.
Ce qui s'est passé à Gémenos juste une semaine après les Assises pour l'écosocialisme est probablement aussi le début d'une nouvelle aventure.
Plus de 180 personnes, militant-e-s politiques, essentiellement du Front de Gauche, syndicalistes de la CGT et de Solidaires et citoyen-ne-s impliuqué-e-s dans la vie associative ont répondu à notre invitation. Une quarantaine sur les soixante-douze salariés de Fralib engagés dans le projet de reprise en coopérative ont activement participé au séminaire.
Cet OVNI de la convergence entre mouvement social et organisation politique a été un grand moment d'éducation populaire, qui a permis à chacun-e de s'approprier l'économie sociale et solidaire et les alternatives concrètes avec une approche politique (replâtrage vs rupture avec le capitalisme).
Nous avons, lors d'un premier atelier, aussi bien évoqué les débats historiques du mouvement ouvrier que les alliances ouvriers-paysans, les monnaies complémentaires et la démocratie sociale. Nous avons également parlé « socialisation » des entreprises, aussi bien par la nationalisation, la municipalisation ou la gestion en coopérative. La situation à Florange a évidemment été plusieurs fois évoquée et commentée.
Lors du deuxième atelier, nous avons abordé la pratique de la coopérative, par des exemples concrets, afin de comprendre les contradictions à gérer, la plus évidente étant d'être à la fois salarié et associé. On est donc entré dans le vif du sujet.
Nous
étions six intervenant-e-s extérieurs, dont quatre du Front de
Gauche (Benoît Borrits, journaliste, président de l'Association
pour l'autogestion et membre des Alternatifs; Jean-Paul Pla, élu PCF
chargé de l 'économie sociale et solidaire à la mairie de
Toulouse, Philippe Levaillant, expert du mouvement coopératif et
moi-même, tous deux militants du PG.
Il y avait aussi parmi nous Evelyne Perrin, économiste-chercheure et Alexandre Fassi, spécialiste de la création d'entreprises de l'ESS.
Quatre des Fralib, Gérard Cazorla, Olvier Leberquier, Elodie Groutsche et Rim H. (deux femmes et deux hommes;-) ont participé, à la "tribune", à l'animation des débats. C'est dire s'ils ont aussi vraiment mouillé leur chemise.
Cette journée a été un moment très important pour les Fralib, parce qu'ils sont à un tournant très délicat de leur lutte: le bras-de-fer avec Unilever n'est pas terminé et il faut d'ores et déjà qu'ils et elles se préparent à la reprise en SCOP. Vous imaginez que ce n'est pas facile. Il leur faut même convaincre encore quelques-un-e-s d'entre eux de la pertinence de la solution coopérative.
Visiblement heureux du déroulement de cette journée, ils souhaitent poursuivre le boulot avec nous. Ils sont également partants pour participer à de futurs séminaires ouvriers sur d'autres sites.
Soulignons
le travail remarquable dans la préparation et l'organisation de nos
camarades du comité d'Aix. Il est évident qu'ils font preuve d'une
grande empathie (réciproque) à l'égard des Fralib. Je pense en
particulier à Hélène Le Cacheux.
L'intérêt de l'affaire est que cette expérience inédite est reproductible et améliorable.
Nous avons senti là un souffle d'écosocialisme et d'éducation populaire partagée, lorsque chaque participant ressort grandi parce qu'il a appris de l'autre.
Au-delà des mémoires qui aura gardé intact le souvenir de cette journée dans la tête des participants, nous avons le projet de publier et diffuser en textes et en images l'essentiel de qui aura été échangé. A suivre.
Rédigé à 23:26 dans Economie sociale et solidaire, Environnement, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Social, économie sociale et solidaire